Que ce soit pour poser des questions, s’informer, commenter, donner son opinion, plaisanter ou encore exprimer des émotions, les personnes communiquent pour de multiples raisons.
Communiquer est un droit fondamental. Or, pour de nombreuses personnes ayant des difficultés complexes de communication en raison de handicap ou de maladie, la communication est souvent empêchée voire impossible.
À l’occasion de la journée mondiale de la voix dont la 27e édition a lieu le 16 avril, Mon Parcours Handicap revient sur la communication alternative et améliorée (CAA).
Qu’est-ce que la communication alternative et améliorée (CAA) ?
La communication alternative et améliorée (CAA) offre un ensemble d’outils et de stratégies pour compenser ou remplacer la communication orale d’une personne présentant des troubles de la parole, du langage, de la compréhension écrite et orale.
Le terme « alternative » fait référence aux outils et aides techniques qui peuvent remplacer la parole et permettre aux personnes qui ne disposent pas du langage oral de communiquer différemment.
Le terme « améliorée » signifie qu’une personne qui n’arrive pas à se faire comprendre par les autres, a besoin d’utiliser des solutions de communication qui complètent, améliorent la parole afin de rendre son message plus compréhensible.
La communication alternative et améliorée (CAA) a donc pour objectif de faciliter la participation sociale et l’inclusion dans tous les domaines de la vie des personnes qui ne parlent pas ou qui rencontrent des difficultés pour parler, s’exprimer, comprendre et se faire comprendre.
La CAA est parfois aussi déclinée sous le nom « Communication alternative et augmentée ».
À qui s’adresse la communication alternative et améliorée (CAA) ?
Toute personne dont le handicap entraîne des troubles de la parole ou du langage.
Par exemple :
- trouble du spectre de l'autisme ;
- trouble du développement intellectuel ;
- infirmité motrice cérébrale ;
- paralysie cérébrale ;
- lésions cérébrales ;
- aphasie ou dysphasie ;
- maladie neurologique (sclérose latérale amyotrophique, sclérose en plaques, maladie de Parkinson…) ;
- polyhandicap ;
- etc.
Le cadre légal de la CAA
Depuis le 23 juin 2025, la CAA est devenue un droit fondamental pour toutes les personnes accueillies en établissement médico-social.
Les obligations pour ces structures sont les suivantes :
- identifier les besoins en communication de chaque personne accueillie ;
- mettre en place les outils adaptés aux personnes concernées ;
- former les professionnels à leur utilisation ;
- intégrer le CAA dans tous les documents liés à ces établissements (contrat de séjour, livret d’accueil…) ;
- l’installation dans chaque département d’ici 2027 d’une mission d’information et d’expertise dédiée à la CAA.
Cette mesure s’inscrit dans la démarche de la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées.
Consulter la fiche en FALC sur l’instruction sur la CAA
Pour en savoir plus sur cette obligation légale, consulter le document de l’instruction DGCS/SD3B/2025/86 du 23 juin 2025
Quels sont les outils proposés par la communication alternative et améliorée (CAA) ?
La communication alternative et améliorée propose différentes solutions pour s’exprimer, comprendre, et se faire comprendre.
Celles-ci s’appuient sur deux types d’outils :
- les outils qui ne nécessitent aucune assistance physique ou aucune aide technique comme :
- le langage corporel et gestes,
- les expressions faciales,
- le regard,
- le langage des signes,
- etc. ;
- les outils qui nécessitent l’utilisation d’aides techniques, de matériels de basse, moyenne ou haute technologie comme :
- des tableaux de symboles,
- des cartes,
- des classeurs de communication,
- des boutons enregistreurs,
- des boîtiers parlants
- des claviers,
- la synthèse vocale,
- des applications de CAA pour appareils mobiles,
- des contacteurs : un contacteur est un bouton marche-arrêt. Tel un interrupteur ou un clic de souris, il permet d’allumer, d’éteindre, de cliquer, de jouer, d’activer ou encore de valider,
- des commandes oculaires : la commande oculaire permet de piloter un ordinateur, une tablette et un smartphone avec le regard, lorsque le handicap entrave la communication orale ou l'utilisation tactile et bureautique,
etc.
Grâce à ces outils, la communication alternative et amélioré (CAA) facilite l’accès aux apprentissages : lire, écrire, compter.
Qui peut vous accompagner dans vos choix d’outils de CAA ?
Le choix de l’outil de communication alternative et améliorée dépend des capacités et des besoins de la personne qui va l’utiliser.
Un certain nombre d'acteurs spécialisés sur tout le territoire peuvent vous accompagner dans vos choix comme :
- les centres d'information et de conseil sur les aides techniques (Cicat) ;
- les équipes locales d'accompagnement sur les aides techniques (EqLAAT) ;
- les six centres ressources nationaux sur la CAA : en savoir plus sur ces lieux ressources.
10 bonnes raisons d’utiliser la CAA en cas de troubles complexes de communication
- S’exprimer ;
- apprendre ;
- interagir ;
- partager ;
- participer et contribuer ;
- nouer des relations ;
- rompre son isolement ;
- comprendre son environnement.
Apprendre la CAA
Parent, aidant ou professionnel accompagnant, le site Caapables.fr vous donne des clés pour utiliser la CAA. Des formations et des supports pédagogiques y sont proposés.
L’objectif est de permettre à chacun de s’exprimer selon ses capacités et de connaître les bonnes pratiques concernant la CAA.