En 2026, la journée internationale de l'épilepsie se déroule le 9 février. Cette journée permet de sensibiliser le plus grand nombre de personnes à cette maladie neurologique chronique. Environ 50 millions de personnes dans le monde souffrent d'épilepsie et 70 % des personnes épileptiques pourraient ne pas avoir de crises si l'épilepsie était diagnostiquée et traitée selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les données les plus récentes publiées en novembre 2024, dans le rapport du 3e sommet national sur l’épilepsie du ministère de la Santé et de la Prévention, environ 700 000 personnes en France sont concernées par l'épilepsie.
Mon Parcours Handicap revient sur les points essentiels à connaître sur l’épilepsie.
Qu’est-ce que l’épilepsie ?
L’épilepsie est la 3e maladie neurologique la plus fréquente derrière la migraine et les démences (source Inserm).
L’épilepsie est une « maladie chronique cérébrale » caractérisée par des crises récurrentes dues à un dérèglement soudain et transitoire de l’activité électrique du cerveau. Les crises épileptiques se manifestent par des convulsions ou peuvent provoquer un comportement inhabituel et parfois une perte de conscience. L’épilepsie touche des personnes de toutes les tranches d’âge, mais des pics sont observés chez les enfants et chez les plus de 60 ans.
Les crises varient en intensité et en forme. Les crises peuvent se manifester par des épisodes de secousses musculaires involontaires touchant une partie du corps ou l’ensemble du corps : « crise partielle » ou « crise généralisée ».
Elle peut avoir des conséquences neurologiques, cognitives, psychologiques et sociales. Selon l’impact sur le quotidien des personnes, elle peut être considérée comme une situation de handicap.
Pour en savoir plus, consulter «Épilepsie : définition et causes » | Ameli.fr
S’informer sur la journée internationale de l’Épilepsie le 9 février 2026 | Epilepsie-France.com
Quels sont les symptômes de l'épilepsie ?
Les symptômes sont variés :
- secousses musculaires incontrôlées et localisées à un bras ou la moitié du corps par exemple ;
- fourmillements, picotements ou sensations anormales au niveau d'un membre par exemple ;
- déviations de la tête et des yeux ou gesticulations anormales et répétées ;
- hallucinations visuelles, auditives, gustatives ou olfactives ;
- troubles du langage ;
- manifestations de déjà-vu ou déjà-vécu ;
- signes émotionnels (peur, rire, extase...) ;
- douleurs ou signes végétatifs (salivation, apnée respiratoire, accélération du rythme cardiaque....)
Source : Ameli.fr
L’épilepsie peut-elle être considérée comme un handicap ?
Selon le retentissement des crises épileptiques sur la vie sociale, les apprentissages, la scolarisation, la vie professionnelle d’une personne, l’épilepsie peut être un facteur de handicap important.
Cependant, toutes les épilepsies ne conduisent pas à des situations de handicap. Près de 70% des personnes concernées ont une épilepsie répondant aux traitements, avec peu ou pas de conséquences sur leur quotidien.
Dans le cas de crises ayant des conséquences sur votre vie quotidienne ou sociale (par exemple : une interdiction de conduire, de travailler en hauteur…), l’épilepsie constitue un handicap. Consultez un médecin avant de faire une demande à la MDPH.
Dans votre dossier de demande à la MDPH, il est important de décrire les difficultés rencontrées dans votre vie quotidienne ou sociale ainsi que votre projet de vie, vos besoins et vos attentes.
Il est également recommandé de joindre à votre dossier :
- des comptes rendus médicaux établissant de manière claire l’épilepsie et ses conséquences sur votre vie ;
- tout document attestant de la fréquence des crises ou de la gravité de ces dernières (compte rendu d’intervention des pompiers par exemple) ;
- déficiences associées à l’épilepsie dont vous souffrez (difficultés de motricité, difficultés cognitives, une déficience du langage, etc.)
- les éventuels effets secondaires de votre traitement.
Sur la base de votre dossier et de l’évaluation de l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, la Commission de la MDPH (CDAPH) examine votre situation liée à votre maladie. Si elle est reconnue comme une situation de handicap, vous pouvez bénéficier de différentes aides selon votre situation : RQTH, AAH, carte mobilité inclusion (CMI), etc.
À noter : les personnes atteintes d’épilepsies dont les crises sont bien contrôlées par un traitement depuis plus de 1 an, sans trouble associé ou effet secondaire du traitement et sans conséquence dans leur vie quotidienne ou sociale, ne seront pas ou plus considérées comme en situation de handicap.
Comment réagir face à une crise d’épilepsie ?
Face à une crise d’épilepsie, il est important de réagir de manière calme pour assurer la sécurité de la personne concernée et éviter qu’elle ne se blesse. Voici des réflexes clés à connaître :
Pendant la crise d’épilepsie
- Rester calme. La plupart du temps la crise s’arrête d’elle-même en quelques minutes.
- Placer la personne en position latérale de sécurité (PLS) pour prévenir l’étouffement ;
- protéger la personne :
- éloignez les objets dangereux (meubles, objets tranchants ou durs) qui pourraient causer des blessures.
- placez un coussin ou quelque chose de mou sous la tête de la personne pour éviter les traumatismes crâniens.
- ne tentez pas de restreindre ses mouvements ou de la maintenir de force.
- Ne rien mettre dans sa bouche : il ne faut jamais introduire un objet ou vos doigts dans la bouche de la personne. Cela peut causer des blessures ou obstruer les voies respiratoires.
- Vérifier la durée de la crise : la plupart des crises durent entre 1 et 2 minutes. Si elle dépasse 5 minutes ou si la personne ne reprend pas connaissance, appelez immédiatement les urgences.
Après la crise d’épilepsie
- Rassurer la personne : elle peut être confuse ou fatiguée. Parlez-lui calmement, expliquez-lui ce qui s’est passé et restez à ses côtés jusqu’à ce qu’elle se sente mieux.
- Ne pas lui donner à boire ou à manger immédiatement : attendez que la personne soit complètement réveillée et consciente.
- Contacter un médecin :
- si c’est la première crise ;
- si la personne a été blessée pendant la crise ;
- si la crise se prolonge ou si une autre survient immédiatement après.
Quand appeler les secours pour une crise d’épilepsie ?
Dans ces cas, appelez le 15 ou le 112 :
- si la crise dure plus de 5 minutes ;
- si la personne ne reprend pas connaissance ;
- si elle se blesse gravement pendant la crise ;
- si elle est enceinte, diabétique ou fragilisée par une autre maladie ;
- si c’est la première crise observée.
À savoir
Voici quelques idées fausses à corriger sur l’épilepsie :
- l’épilepsie est contagieuse ;
- une personne en crise peut avaler sa langue.