Pour répondre aux nombreux enjeux de la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a lancé jeudi 19 février un plan d’actions 2026-2027.
En effet, les personnes en situation de handicap rencontrent de nombreux freins à leur épanouissement dans la vie intime : méconnaissance de leurs droits et des dispositifs existants, difficultés d’accès aux soins, exposition accrue aux violences sexuelles…
Mon parcours handicap fait le point sur ce plan d’actions en quatre axes.
Qui a élaboré le plan d’actions 2026-2027 pour la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap ?
Ce plan a été élaboré en co-construction avec des personnes en situation de handicap en premier lieu, des associations, des agences régionales de santé, des professionnels et des experts. Il s’inscrit dans le prolongement de la Conférence nationale du handicap de 2023 et d’autres stratégies existantes, comme la stratégie nationale de santé sexuelle.
Ce plan est porté par le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées en collaboration avec les ministères de l’Intérieur et de la Justice.
Quelle est l’ambition de ce plan ?
Ce plan a pour objectif de renforcer l’accès à la santé sexuelle des personnes en situation de handicap et de protéger les femmes contre toutes les formes de violences.
De plus, la France s’est engagée à respecter les accords de la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies. Elle oblige notamment les signataires à faire respecter le droit à une vie intime, affective et sexuelle de toutes les personnes en situation de handicap sans discrimination, ni préjugés, ni violences.
Pour parvenir à ces objectifs, ce plan se divise en 4 axes :
- promouvoir le respect de la vie intime, affective et sexuelle ;
- assurer un accès à la santé sexuelle, reproductive et à la vie affective des personnes en situation de handicap ;
- prévenir, repérer les violences et garantir un accompagnement adapté aux personnes en situation de handicap, qu’elles soient victimes ou auteurs de violence ;
- faire évoluer les pratiques professionnelles et institutionnelles pour permettre l’intimité, la vie affective et sexuelle et lutter contre les violences sexuelles.
Quelles sont les actions inscrites dans ce plan ?
Le premier axe insiste notamment sur l’importance de systématiser les programmes de sensibilisation accessibles aux personnes en situation de handicap, à leurs familles et leurs accompagnants. Cette action vise à simplifier les messages et les rendre accessibles à tous sur les sujets relatifs à la vie intime, affective et sexuelle.
Sur cet axe, les centres INTIMAGIR et le site Mon Parcours Handicap.gouv.fr vont continuer d’occuper une place clé. Le site a d’ailleurs déjà développé deux rubriques d’information dédiées : Vie intime, consentement et parentalité et Prévention des violences.
Le deuxième axe a pour objectif d’assurer un égal accès à la santé sexuelle, reproductive et affective. Pour cela, le plan prévoit notamment de généraliser la démarche Handigynéco et de systématiser l’usage du FALC dans les brochures de dépistage et de prévention. Les CapParents viendront poursuivre leur appui aux personnes en situation de handicap dans le cadre de leur projet de parentalité.
Le troisième axe est entièrement dédié à la prévention et au repérage des violences sexuelles. En effet, les femmes en situation de handicap sont deux fois plus nombreuses à avoir subi des violences sexuelles. Les actions de cet axe prévoient une campagne d’information et des outils clairs et adaptés pour sensibiliser les personnes en situation de handicap, ainsi que les familles et les professionnels.
Un volet formation est également prévu pour permettre aux professionnels de la justice et de l’accueil de recueillir la parole des victimes et des auteurs. Enfin, pour renforcer les mesures de prévention, en 2027, les professionnels des établissements médico-sociaux seront soumis au contrôle des antécédents judiciaires.
Le dernier axe vise à faire évoluer les pratiques institutionnelles. Pour cela, des formations seront dispensées auprès des professionnels de santé, d’établissements médico-sociaux, de service de protection des majeurs, de l’éducation et de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Par ailleurs, rendre les espaces privés (chambres et appartements) propices à la vie intime et sexuelle est également l’une des actions de cet axe.