Les personnes en situation de handicap peuvent être plus particulièrement vulnérables aux violences. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), elles sont jusqu'à trois fois plus susceptibles d'être victimes de violences. À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Mon Parcours Handicap propose de faire le point sur les violences sexuelles, la notion de consentement, ainsi que les numéros et les outils existants pour vous protéger ou signaler une violence sexiste ou sexuelle.
Les violences sexuelles : de quoi parle-t-on ?
Les violences sexuelles sont tous les actes sexuels commis avec :
- violence ;
- sous la contrainte ;
- la menace ;
- ou par surprise.
Les violences sexuelles peuvent prendre de nombreuses formes :
- viol (acte sexuel avec pénétration) ;
- agression sexuelle (acte à caractère sexuel sans pénétration comme des attouchements ou des caresses sous la contrainte) ;
- harcèlement sexuel (des paroles, des messages ou des comportements à connotation sexuelle) ;
- etc.
La loi interdit et sanctionne pénalement tout acte sexuel (attouchement, caresse, pénétration…) commis avec violence, contrainte, menace ou surprise.
Vous êtes victime de violences sexuelles si une personne vous impose des actes, des images, des propos (oraux ou écrits) à caractère sexuel, sans que vous ayez donné votre consentement.
Qu’est-ce que le consentement ?
Le consentement implique de donner son accord sans se sentir forcé ou influencé. Le consentement doit être réciproque, c'est-à-dire que les deux personnes doivent être d'accord.
Et si vous n’êtes pas d’accord, il est important de signifier votre désaccord autant que possible. À noter, toutefois, que le silence ou l’absence d’accord ne signifie pas que vous avez consenti à l’acte.
La réforme du code pénal qui vient d'être adoptée par le Parlement inscrit le consentement dans la loi. Le Sénat a ainsi voté définitivement, ce 29 octobre 2025, la proposition de loi modifiant la définition pénale du viol et des agressions sexuelles.
Cette réforme vise à inscrire explicitement dans le code pénal la notion de non-consentement de la victime pour qualifier le viol et les autres agressions sexuelles.
Évalué en fonction des circonstances, le consentement doit être :
• libre, c’est-à-dire formulé sans contrainte ni pression ;
• éclairé, et ne peut donc exister sous l’emprise de drogue ou d’alcool, ou en situation de vulnérabilité ;
• spécifique, ce qui signifie que consentir à un acte n’est pas consentir à tous les actes ;
• préalable et révocable, car dire oui une fois ne signifie pas dire oui pour toujours.
Qui est concerné par les violences sexuelles ?
Tout le monde peut être victime ou témoin de violences sexuelles. Vous pouvez être victime de violences sexuelles quel que soit :
- votre sexe (femmes et hommes) ;
- et votre âge.
Les personnes en situation de handicap peuvent être plus souvent confrontées aux violences sexuelles.
Les femmes en situation de handicap sont particulièrement touchées par les violences sexuelles. La mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) indique dans une publication de novembre 2025 que les femmes handicapées sont deux fois plus victimes que les femmes sans handicap.
Consulter la Lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes
Les centres ressources INTIMAGIR à votre écoute
Les centres ressources INTIMAGIR sont des espaces (accueil téléphonique, lieu d’accueil et/ou sites internet…) où chaque personne en situation de handicap, ou tout aidant d'une personne en situation de handicap, peut s’informer et être conseillé, notamment sur les violences sexistes et sexuelles.
Les centres peuvent aussi répondre à toutes vos questions sur la vie intime, affective, sexuelle ou le soutien à la parentalité.
Comment prévenir et agir contre les violences sexuelles ?
Violences sexuelles : quels sont les numéros utiles ?
- Le 39 77 : service national contre les maltraitances et les violences pour les adultes en situation de handicap et les personnes âgées.
- Le 39 19 : Violences femmes info, plateforme téléphonique d’écoute, d’information et d’orientation des victimes de violences sexistes et sexuelles, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
- Le 01 40 47 06 06 : numéro de l’Écoute Violences Femmes Handicapées (appel anonyme non surtaxé). Email : ecoute@fdfa.fr pour les femmes déficientes auditives.
Signaler sur la plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles
Un numéro pour les auteurs de violences conjugales
Le 0 801 90 1911 est un numéro gratuit créé par la Fédération nationale des associations et centres de prise en charge d’auteurs de violences (FNACAV).
Cette permanence téléphonique « Ne frappez pas » s’adresse aux auteurs de violences conjugales. Du lundi au samedi de 10h à 16h, des spécialistes sont à l’écoute et peuvent aider à trouver des moyens de ne pas s’enfermer dans la violence.
Annuaire des centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales
Qui contacter en cas d’urgence, d’agression ou de danger imminent ?
• Le 112 : les urgences dans toute l’Union européenne.
• Le 114 par sms ou urgence114.fr : pour les personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles ou aphasiques.
• Le 119 : service national d'accueil téléphonique pour les enfants en danger, disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
• Le 17 : les services de police ou de gendarmerie.
• Le 18 : les pompiers.
• Le 15 : le Samu (Service d’aide médicale urgente).
Important : lors de votre appel, n’hésitez pas à indiquer votre situation de handicap ou celle de la personne concernée, si elle nécessite une adaptation lors de l’intervention (problèmes de communication, absence de mobilité, troubles psychiques ou du comportement…).
Quels sont les outils pour prévenir les violences sexuelles ?
Le violentomètre : un outil pour « mesurer » la violence dans un couple
Le violentomètre permet de mesurer si la relation amoureuse est basée sur le consentement et ne comporte pas de violence. Il existe une version du violentomètre dans plusieurs langues.
Télécharger le violentomètre en français (Centre Hubertine Auclert).
Télécharger le violentomètre en Falc.
Télécharger le violentomètre en Braille.
Le Téléphone Grave Danger (TGD)
Le Téléphone Grave Danger permet d’alerter les forces de l’ordre en cas de grave danger, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ce dispositif peut être proposé à des personnes particulièrement vulnérables et en grave danger, notamment les victimes de viol ou de violences conjugales. Il est attribué par le procureur de la République avec l’accord de la personne concernée et sous réserve de ne plus habiter avec l’agresseur.
Les sites et guides pratiques
• Le guide pratique « Levons les yeux » pour mettre fin aux violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun.
• La fiche Falc Levons les yeux.
• Le régloSports.
• L’égalithèque du Centre Hubertine Auclert.
• Le site Arrêtons les violences pour trouver les associations de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Quelles sont les différentes formes de violences ?
Au sein de la famille, à l’école ou au travail, dans des espaces publics ou dans des établissements, les personnes en situation de handicap sont exposées à des violences qui peuvent prendre diverses formes. Elles peuvent avoir lieu dans la vie de tous les jours ou en ligne, notamment sur les réseaux sociaux. Ces violences ne sont pas toujours faciles à repérer.
Il existe différents types de violences physiques, psychologiques et verbales, sexistes ou sexuelles, conjugales, médicales, économiques, administratives. Ces violences peuvent concerner les enfants ou les adultes en situation de handicap. Elles peuvent se cumuler entre elles.