Face à la montée des enjeux d’inclusion et au vieillissement de la population, de nouvelles formes d’habitat se développent entre le domicile traditionnel et l’établissement médico-social afin de répondre aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap ou des personnes âgées.
Ces différentes solutions d’habitat sont regroupées sous le nom d’Habitat intermédiaire. Elles offrent une alternative souple et adaptée aux besoins des personnes.
Le nombre de personnes âgées ou en situation de handicap vivant en habitat intermédiaire n’est pas connu avec précision. Il bénéficie, a minima, à près de 280 000 personnes en France et le besoin est estimé à 500 000 logements de ce type d’ici 2050.
Mon Parcours Handicap revient sur les différentes solutions de logements alternatifs et plus précisément sur une de ces formes : l’Habitat inclusif, ainsi que les principaux services et aides mobilisables.
Qu’est-ce que l’habitat intermédiaire ?
L’habitat intermédiaire regroupe plusieurs types de lieux de vie adaptés, situés entre le domicile traditionnel et l’hébergement en établissement médico-social. Selon les cas, il peut être sous la forme :
- de logements individuels regroupés dans un ensemble de logements comportant un ou des espaces communs ;
- ou d’un logement unique avec des espaces privatifs et des espaces communs.
Il peut s’agir de :
- habitat inclusif (parfois appelé « habitat regroupé » ou « habitat partagé ») ;
- accueil familial ;
- résidences autonomie pour les personnes âgées ;
- résidences d’accueil ;
- béguinages ;
- résidences intergénérationnelles ou la cohabitation intergénérationnelle et solidaire ;
- résidences services seniors ;
- etc.
Ces solutions combinent des espaces privatifs et des espaces communs, un cadre vie favorisant la vie sociale, et des services individuels ou collectifs, parfois mutualisés (aide à domicile, animations, sécurité).
Zoom sur l’habitat inclusif : un “chez soi mais pas seul”
L’habitat inclusif, c’est quoi ?
L’habitat inclusif est un mode d’habitation regroupé, destiné aux personnes en situation de handicap ou âgées qui choisissent de vivre ensemble dans des logements privatifs, tout en partageant des espaces communs et un projet de vie sociale et partagée.
Les principales caractéristiques de ce type d'habitat :
• logement en mode habitat regroupé dans un immeuble, un quartier ou une commune où les logements concernés sont à proximité les uns des autres ;
• avec un ou des espaces communs (cuisine, salon, jardin…) ;
• assorti d’un projet de vie sociale et partagée coconstruit par les habitants ;
• petits groupes de 5 à 10 personnes en général ;
• locataires, sous-locataires, colocataires et parfois propriétaires ;
• accompagnement possible par des professionnels (animation, coordination) ;
• situé dans un environnement urbain ou semi-urbain, proche des services ;
• porté par des associations ou collectivités locales, souvent en partenariat avec des bailleurs sociaux (parc privé ou social).
À qui s’adresse l’habitat intermédiaire ?
À toute personne recherchant un cadre de vie respectueux du mode de vie choisi par les personnes, inclusif, accessible et partagé.
Mais ces solutions de logement alternatif permettent de répondre, avant tout, aux besoins :
- des personnes en situation de handicap recherchant un logement adapté et inclusif ;
- des personnes âgées souhaitant conserver leur autonomie dans un cadre sécurisé.
Il s’agit de lieux de vie adaptés et non pas de simples solutions de logement ou d’hébergement.
Des exemples avec des reportages et des témoignages vidéo
- Visionner le reportage sur un habitat inclusif et intergénérationnel | France 3 (durée : 2 minutes 36) ;
- visionner le témoignage d’un habitant autiste en habitat inclusif sous la forme d’une colocation bénéficiant de l’Aide à la Vie Partagée (AVP) | Département du Vaucluse (durée : 1 minute 45) ;
- visionner le reportage sur un habitat partagé près de Boulogne-sur-Mer : « Vivre ensemble au-delà du handicap : l'habitat inclusif fait ses preuves en favorisant l'autonomie » | France 3 (durée : 2 minutes 08).
Quels sont les avantages de l’habitat intermédiaire ?
Aujourd’hui, la grande majorité des personnes en situation de handicap ou âgées habitent dans :
- leur domicile traditionnel et individuel, éventuellement renforcé par des services à domicile ;
- des établissements souvent médicalisés proposant un hébergement collectif type établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou maison d’accueil spécialisée (MAS).
Selon vos besoins, les solutions d’habitat intermédiaire peuvent être une alternative adaptée.
Elles offrent :
- un cadre sécurisé ;
- un cadre de vie collectif qui permet de lutter contre l’isolement ;
- de la souplesse et liberté de choix du mode de vie ;
- l’accès à des loyers modérés le plus souvent et à des aides spécifiques ;
- une participation citoyenne et une inclusion dans la vie locale ;
- un cadre favorisant davantage l’intimité.
Comment accéder à ces différentes formes d’habitations ?
- En contactant les collectivités locales et les associations spécialisées ;
- en participant à des projets collaboratifs ou en rejoignant des initiatives existantes.
L'info en plus
Selon les projets, ces habitations s'inscrivent dans le parc social ou privé.
Quels services et aides clés à connaître ?
Les SAD : les services autonomie à domicile
Depuis 2023, des services autonomie à domicile (SAD) ont progressivement été mis en place ou été remplacés par d’autres services existants, sur l’ensemble du territoire, pour vous permettre de simplifier votre parcours en vous proposant un seul service pour vos besoins d’accompagnement à domicile.
Ainsi les SAD permettent de :
- vous aider dans vos activités et tâches quotidiennes (s’habiller, faire les courses, préparer les repas…) ;
- répondre à votre besoin de soins infirmiers réguliers (pansements, injections …).
Suite à une réforme, depuis le mois de janvier 2026, les SAD remplacent :
- le service d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) ;
- le service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ;
- le service proposant à la fois de l’aide à domicile mais aussi des soins infirmiers (SPASAD).
Pour en savoir plus, consulter l’article : Qu’est-ce qu’un service autonomie à domicile (SAD) ?
Les SAMSAH
Un service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) est un dispositif médico-social destiné aux personnes en situation de handicap, vivant à domicile. Il apporte un accompagnement à la vie sociale et un accès aux soins.
Pour en savoir plus, consulter l’article : Qu’est-ce qu’un service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) ?
Les SAVS
Un service d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) a pour mission de maintenir ou restaurer les liens familiaux, sociaux, scolaires, universitaires et professionnels des personnes en situation de handicap. Un SAVS facilite également l’accès à l’ensemble des services proposés par la collectivité.
Pour en savoir plus, consulter l’article : Qu’est-ce qu’un service d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) ?
L'info en plus
Il existe des services d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) qui s’adressent aux enfants et adolescents ayant des déficiences intellectuelles ou motrices et de troubles du caractère et du comportement jusqu’à leur 20 ans.
Ces services sont constitués d'équipes pluridisciplinaires et interviennent au domicile pour apporter un soutien spécialisé aux enfants et adolescents dans leur milieu de vie et d'éducation. Ils interviennent de manière indépendante mais peuvent également être rattachés à des établissements spécialisés comme les IME.
L’AVP : l'aide à la vie partagée
L’aide à la vie partagée (AVP) est une prestation sociale individuelle pour les personnes en situation de handicap et les personnes âgées de plus de 65 ans qui font le choix de vivre dans un habitat inclusif. Elle est mobilisable selon les départements.
Cette aide a vocation à financer :
- le projet de vie sociale et partagée ;
- l’animation et la coordination des temps de vie partagée ;
- le développement de la participation sociale des habitants ;
- la création de liens sociaux ;
- la régulation du « vivre ensemble ».
Important :
L’AVP ne finance pas l’accompagnement individuel de la personne pour la réalisation des activités de la vie quotidienne (aide et surveillance).
Pour les départements qui font le choix d’inscrire cette mesure dans leur règlement départemental d’aide sociale, l’AVP est octroyée, indirectement, à tout habitant d'un habitat inclusif dont le porteur a passé une convention avec le département.
La PCH mutualisée
Dans le cadre d’un habitat partagé, une partie de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) des habitants et allocataires peut être mutualisée afin d’assurer par exemple la présence quotidienne des Auxiliaires de vie sociale (AVS). Cette mise en commun peut être partielle ou totale selon les situations concernées.
Les aides mises en commun concernent l’accomplissement des actes essentiels de l’existence (entretien personnel, déplacements, participation à la vie sociale), la surveillance, les besoins non programmables.
Rappel des principes clés de la PCH mutualisée :
- la mise en commun est réalisée à l’initiative de la personne handicapée ou avec son accord explicite ;
- elle doit être conciliée avec le droit à l’individualisation de la compensation. La PCH attribuée à la personne ne peut donc pas être diminuée en raison d’une mise en commun.
- la personne qui souhaite mettre en commun sa PCH avec d’autres bénéficiaires n’a pas l’obligation d’en faire la demande auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
À noter : la mutualisation se fait en accord avec le département.